Ce n'est pas que pour les oiseaux !

 Avant même qu' un romancier britannique ne présente un jeune policier, s' apprêtant à rentrer dans la police criminelle berlinoise, l' Allemagne du début du vingtième siècle a connu des bouleversements.

L' économie  nationale allemande est ruinée, et une forte hausse des prix affecte une société et ses marchandises, alors qu' elle ne connaît pas les fortes interdépendances d' une société de consommation.

Les relations entre personnes, mais aussi, l'histoire qui les unit entre eux et les institutions sont bouleversés, jusqu' à leurs symboliques et ce que l ' on s' efforce d'en définir et d' en valoriser.

Le passé n'est décidément pas un terreau constitué par une solide accumulation, dont on peut attendre une croissance forte et paisible, mais un territoire bouleversé, où sont projetés des révoltes et des soulèvements d' où vont surgir de nouvelles perspectives  inouïes, du moins l'annonce-t-on pour une nouvelle volonté de faire les temps nouveaux. 

Il serait regrettable que l' on insiste avec trop de légèreté, sur  des personnes aux productions d allures exotiques et ésotériques, comme Paracelse, à qui l' on ne doit pas seulement des considérations sur la bière, mais aussi, sur la syphilis. La controverse n'en serait qu'un spectacle, pour des bouleversement encore plus profonds, qui sont des catéchismes encore plus dogmatiques, et dont on espère peut-être des effets de leviers encore plus efficaces. Plutôt que le décorum d' un passé déjà lointain, l' expressionnisme du premier Nosferatu, emploie des expressions proverbiales pleines d' actualités, de sentiments souverainistes, et du désespoir d' une ruine sans antiquité - mais tellement moderne, pour ses contemporains-.

Qui est déjà allé chez le coiffeur, et à Berlin, où donc ailleurs, sait entendre le français  émigré en Prusse, qui nomme le coiffeur français avec le nouveau mot importé : Friseur.

Qui a été chez le Friseur, surtout s'il ne s'est pas coupé, le doigt ou tout autre chose, saura peut être entendre les effets de guerres. ce n'est décidément pas du gâteau, et pas que de la religion.

Noce feras-tu, demande aussi bien l'évangile selon Saint Matthieu, livre 22 ?

Nosferatu, renomme le jeune cinéma d'une Allemagne défaite, le pauvre Dracula trop noble à la Windsor, ne peut résister au flot des noblesses germaniques, prêtes pour la substitution de l' autorité.

 c'est la ruine.

" Jetez les dans les ténèbres, avec les pleurs et les grincements de dents"peut- on lire dans l' évangile.

On n'était pas prêt pour l' union de la terre et du ciel, tant pis pour le pauvre invité, indigne de la circonstance, il est mal venu, il est condamné à être marqué du bâton à la fleur de lys, le bâton de l'ange.  

Et si, d'aventure, encore, il a faim, est-ce l'effet du désir , alors qu' il a été autorisé à manger et qu' il consomme le sang réservé par le sacrifice, au divin, alors ni le monothéisme chrétien, ni la déconstruction d' inspiration matérialiste ne pourront enrayer l' emballement mimétique. Deutéronome 6 12 l' avait pourtant bien prévenu.

Est-ce pour cela qu' on jette une partie d' un apéritif au sol, la part des morts, dit-on ?


 

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