Il perd les degrés carrés !
Il avait dû la concevoir depuis une mauvaise traduction de langue étrangère. Il avait probablement inventé plusieurs formules, par le même usage transformé en procédé débile, qui laissait entendre comme une sorte de langage privé.
Même non-mort, on peut avoir une vie sociale et professionnelle, rien à voir, si l' on peut dire, avec une vie de reclus anonyme, comme les légendes littéraires et sociales en font souvent état, et vous font perdre la faculté de réfléchir. C'est comme cela, qu'il avait été abordé par celui qui prétendit avoir reconnu
le non-mort en lui.
Il lui répondit, en salutation, et en réponse à cette familiarité cavalière, que, comme on le lit dans un écrit connu : on s' attend plus à disparaitre par une défaillance de force, ou de surprise, que de vieillesse, comme si elle était un des attributs de la volonté.
En réponse, jura-t-il que je lui faisais perdre la boule. son sens de la mesure y avait perdu ses degrés - carrés, la boule-. Il dit même en anglais : I'm loosing my mind. Et en français encore : tu me fais tourner la cafetière.
Mais il fit une déclaration de tolérance. Il respectait les non-morts et qu' il s' était renseigné à notre sujet.
Par admiration, il m' avait reconnu sur une représentation, coiffé d' un catogan. Il avait songé à m' offrir des tulipes, en clin d' œil aux romans de capes et d'épées. Au regard de mon statut de non-mort, il avait songé à tremper le bouquet dans son sang, pour qu'il soit rouge.
Il s' en était abstenu, et avait préféré étendre sa culture des non-vivants en regardant des films.
Dans un des derniers qu'il avait vu, il avait cru comprendre que les vampires étaient allemands, de préférence.
Les réalisations cinématographiques concernant surtout des thèmes de propagandes, à allure contre-culturels, je ne le laissais pas me tirer les bières du nez .
Je lui fis remarquer que la promotion d' un être à la nature prétendument allemande, faisait apparaître une nation, à l' époque d'une seule union douanière germanique, il y a deux siècle de cela, et le réalisateur anglais avait voulu faire une capitale britannique ouvrière, dans des espaces d' un ancien empire, en transformation.
Je lui fis remarquer que pour ma part, je préférais le premier film du même nom, qui, sans faire jouer une célébrité à la carrière débutante, me faisait immanquablement entonner un air français, celui-là : oh,oh, oh, jolie poupée, sur mon doigt coupé.
Je poursuivais, il buvait sec, et, pas seulement mes paroles, en lui disant, que le thème urbain du vampire avait commencé, il y a deux siècles, avec le roman du français Paul Féval.
Après l' avoir lu, on pouvait avoir envie de dire de ce film, comme une reine d' Angleterre avait su le déclarer, d'après le roman La Ville Vampire, qu'il était une blonde imitation.
Bluffé, le personnage voulut m'offrir à la place des tulipes, un buffet d'horloge, qui remplacerait avantageusement une bière. On ferait fi d' un pauvre mécanisme cartésien.
Je lui tût l' apport de Huygens, Les histoire de vampires sont pleines de mauvaise philosophie.
Et puis, les horloges laissent trop apparaitre la lumière du jour.
La nuit avançait et imprégné par les vapeurs nocturnes, cet amateur de capes et d'épées allait jurer par des antisémites amateurs de musiques électroniques et britanniques. Je n' avais pas envie que l'ambiance devienne ambient.. Je pris congé.

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